31/05/2016

Livres et films

Bill_Bryson.jpg

Ces dernières semaines, j'ai lu, j'ai vu et je recommande les livres et films qui suivent.

 

"Promenons-nous dans les bois", "Motel blues", "Nos voisins du dessous", "American rigolos" et "Ma fabuleuse enfance dans l'Amérique des années 50" de Bill Bryson.

Cet auteur, dont la photo rieuse illustre le début de ce billet, m'a fait passer des dizaines d'heures délicieuses, désopilantes et passionnantes à la fois. Ecrivain et universitaire américain originaire de Des Moines, dans l'Iowa, il a passé une vingtaine d'années en Angleterre, notamment à Durham. Revenu dans son pays natal, il a parcouru deux longs circuits dans l'Amérique profonde, relatés dans "Motel Blues", avec tendresse, férocité, humour, mais aussi avec une foule d'informations passionnantes sur les coins les plus improbables des Appalaches, du Maine, du Nevada. 

Plus tard, avec son vieux copain Stephen Katz, il parcourra une bonne partie du fameux Chemin des Appalaches, ce qui fait l'objet de "Promenons-nous dans les bois", tout récemment porté à l'écran avec Robert Redford et Nick Nolte. Dans "Nos voisins du dessous", il nous livre de savoureux et érudits récits de voyages en Australie. J'ai appris une foule de choses et j'ai aussi ri, parfois aux éclats, à chaque page.

Enfin, dans "Ma fabuleuse enfance dans l'Amérique des années 1950", il revient sur sa jeunesse dans l'Iowa et ailleurs, dans une Amérique en Technicolor, plus simple, plus chaleureuse, plus humaine que celle d'aujourd'hui, sans en gommer les points négatifs. Un livre très tendre, hilarant aussi, plein d'informations.

En fait, c'est une légère tristesse qui me gagne quand j'arrive vers la fin d'un livre de Bill Bryson, en me disant que ce sera bientôt fini.

 

"Vongozero" et "Le lac" de Yana Vagner. Cette auteure, de père russe et de mère tchèque, née en 1973, nous livre ici ses deux premiers romans, absolument fascinants. Un virus mortel, qui ressemble apparemment aux différentes grippes aviaires et autres SRAS de ces dernières années, mais en beaucoup plus virulent, a commencé à atteindre puis à décimer la population russe, et sans doute mondiale. Moscou et les autres grandes villes sont mises en quarantaine et encerclées par l'armée. Devant le chaos qui se dessine de jour en jour, un groupe d'une dizaine de personnes, dont la narratrice des deux romans, décide de chercher refuge dans une maison perdue sur une île, au milieu d'un petit lac de Carélie, dans le grand Nord, non loin de la frontière finlandaise. Le premier tome, road-movie apocalyptique, retrace le périple du groupe à travers un pays dévasté et moribond. Le second, centré sur la vie dans l'île, dresse un portrait très crédible de la survie, dans la promiscuité et les tensions, d'un groupe de gens isolés de tout, dans un environnement plein de périls.

 

"Prends garde" de Luciana Castellina et Milena Agus. C'est un livre double, dont les deux parties sont reliées tête-bêche, à propos d'une terrible jacquerie paysanne dans les Pouilles, au sortir de la guerre, en 1946. Quatre vieilles dames, grandes propriétaires terriennes, recluses dans leur palais sur la place d'une petite ville, sont l'objet de la fureur soudaine des journaliers sans terre, misérables et affamés. Deux d'entre elles seront lynchées. Ce drame est relaté d'un point de vue historique et politique par Luciana Castellina, tandis que Milena Agus l'évoque d'une manière plus littéraire, romancée. Une belle écriture dans les deux cas.

 

"La robe de Hannah" de Pascale Hugues : l'auteur, qui fut correspondante de l'hebdomadaire "Le Point" à Berlin pendant 20 ans, est partie à la recherche du passé de la rue où elle vit dans la capitale allemande. Une plongée fascinante dans le Berlin du début du 20ème siècle, de la montée du nazisme, des destructions de la guerre, de la reconstruction et du miracle économique ouest-allemand, au travers des destins des familles de la rue en question, juives ou non. 

 

"Entretiens avec Mussolini" d'Emil Ludwig : en 1932, l'écrivain et journaliste allemand, d'origine juive, Emil Ludwig, put obtenir du Duce, déjà tout-puissant, une série d'entretiens, chaque fois d'une heure environ, en fin de journée. C'est une passionnante série de questions-réponses, où Mussolini apparaît bien différent de l'image du pantin grotesque qui lui colle souvent à la peau. Intelligent, doté d'une solide culture historique et littéraire, il ne renie pas son passé socialiste et pacifiste, avoue volontiers être fasciné par Lénine et Staline - et le système soviétique de pouvoir en général - tout en rêvant d'être comparé à César ou à Bonaparte. 

 

Au cinéma, j'ai vu et je recommande :

"Randonneurs amateurs" de Ken Kwapis. Il s'agit de l'adaptation du livre de Bill Bryson, "Promenons-nous dans les bois", sur son périple appalachien avec son ami Stephen Katz, incarné avec brio par Nick Nolte. Un film très savoureux, souvent désopilant, qui permet aussi d'admirer les paysages splendides des Appalaches. 

"Fritz Bauer, un héros allemand" de Lars Kraume. Un "biopic" très efficace, rigoureux, dont l'acteur principal est exceptionnel, sur le travail infatigable du procureur allemand Fritz Bauer pour débusquer et traduire en justice les criminels nazis, en premier lieu l'architecte de la Solution finale, Eichmann. 

"Trumbo" de Jay Roach. Ici aussi, un excellent "biopic", celui du scénariste Dalton Trumbo, qui écrivit de nombreux films de Hollywood, et qui fut, par ailleurs, membre du parti communiste américain pendant quelque temps, dans les années 40. Devenu une des cibles du maccarthysme, il se défendit pied à pied, recourant parfois à la pratique du "prête-nom" pour faire signer ses scénarios par d'autres auteurs, pour survivre. Il fut finalement réhabilité grâce à l'amitié de Kirk Douglas et d'Otto Preminger, entre autres.

"Merci patron !" de François Ruffin. Une pochade polémique, un coup énorme frappé par le journaliste militant François Ruffin, contre le milliardaire Bernard Arnault, qui avait licencié en masse des travailleurs de la confection, en Picardie.

"A peine j'ouvre les yeux" de Leyla Bouzid. Le beau portrait d'une toute jeune fille, dans la Tunisie du dictateur Ben Ali, à la veille de la révolution de 2011, partagée entre son quotidien de chanteuse engagée et les contraintes des valeurs familiales et religieuses traditionnelles.

J'ai aussi visionné avec plaisir et intérêt plusieurs DVD, parmi lesquels :

"Les nuits blanches du facteur" d'Andreï Konchalovski. Une superbe chronique de la vie d'un facteur russe, dans la région d'Arkhangelsk, parmi les lacs, les forêts, les petits villages perdus. Très chaleureux film, à la photographie splendide. Par ailleurs, Andreï Konchalovski est le frère de Nikita Mikhalkov. Il a surtout fait des films aux Etats-Unis, et ce film-ci marque son retour, ne serait-ce que pour un temps, dans son pays natal.

"Le souffle" d'Alexander Kott. Un poème visuel et sonore superbe, sans paroles. Une steppe au Kazakhstan, alors soviétique, dans les années 70. Une jeune fille et son père, vivant au milieu de nulle part. Un prétendant kazakh, cavalier de la steppe, un prétendant russe, préposé d'un service météo. Plus loin, une clôture infranchissable, un polygone d'essais nucléaires. A découvrir absolument.

"Joe Hill" de Bo Widerberg. Ce film de 1971, dû au Suédois Bo Widerberg, connu aussi pour "Adalen 31", "Elvira Madigan" et "Le péché suédois", nous retrace la vie du chanteur et militant syndical Joe Hill, au début du 20ème siècle. Engagé auprès du syndicat IWW ("Industrial Workers of the World"), il sillonna les Etats-Unis, entre deux emplois précaires, partageant la vie des "hobos" (passagers clandestins des trains de marchandises), et composant des chansons de lutte. Il fut accusé d'un double meurtre qu'il n'avait probablement pas commis, et fusillé en 1915 dans l'Utah. Ses cendres furent ensuite envoyées par la poste aux militants du syndicat IWW un peu partout dans le pays.

Au dépôt de Mariembourg (7)

DSCF3005.jpg

Toujours la locomotive à vapeur polonaise (de l'ère communiste).

Au dépôt de Mariembourg (6)

DSCF3004.jpg

Une locomotive polonaise.

Au dépôt de Mariembourg (5)

DSCF3002.jpg

Au dépôt de Mariembourg (4)

DSCF3003.jpg

Et puis, je suis allé faire un tour dans le dépôt-rotonde des trains affectés au "Chemin de fer des trois vallées", et là ce n'était pas un musée, mais un vrai dépôt, ça sentait l'huile chaude, il y avait des outils, c'était du vrai.

Au dépôt de Mariembourg (3)

DSCF3001.jpg

30/05/2016

Au dépôt de Mariembourg (2)

DSCF2999.jpg

Au dépôt de Mariembourg (1)

DSCF2998.jpg

Le train arrive alors à Mariembourg, terme de son parcours. C'est l'occasion de se balader parmi les vieux wagons, à l'esthétique bien séduisante.

Entre Treignes et Mariembourg (10)

DSCF2992.jpg

Dans la traversée du village d'Olloy-sur-Viroin, le train passe vraiment tout près des maisons, ce qui m'a permis de saisir cette scène de rue, à travers la fenêtre.

Entre Treignes et Mariembourg (9)

DSCF2990.jpg

29/05/2016

Entre Treignes et Mariembourg (8)

DSCF2989.jpg

La sacoche du contrôleur (?), délicieusement vintage.

Entre Treignes et Mariembourg (7)

DSCF2987.jpg

Entre Treignes et Mariembourg (6)

DSCF2986.jpg

Entre Treignes et Mariembourg (5)

DSCF2982.jpg

28/05/2016

Entre Treignes et Mariembourg (4)

DSCF2985.jpg

Entre Treignes et Mariembourg (3)

DSCF2984.jpg

Entre Treignes et Mariembourg (2)

DSCF2981.jpg

Entre Treignes et Mariembourg (1)

DSCF2980.jpg

Et voilà, entre Treignes et Mariembourg, par la belle vallée du Viroin, nous voilà partis dans un train déjà ancien, à l'aller, puis en train à vapeur, au retour, grâce à l'équipe des passionnés du Chemin de fer des trois vallées. J'ai connu ces voitures et ces sièges verts, il n'y a pas si longtemps...

27/05/2016

Au Musée du chemin de fer à vapeur, à Treignes (24)

DSCF2976.jpg

Au Musée du chemin de fer à vapeur, à Treignes (23)

DSCF2975.jpg

Au Musée du chemin de fer à vapeur, à Treignes (22)

DSCF2974.jpg

26/05/2016

Au Musée du chemin de fer à vapeur, à Treignes (20)

DSCF2972.jpg

Au Musée du chemin de fer à vapeur, à Treignes (21)

DSCF2973.jpg

Au Musée du chemin de fer à vapeur, à Treignes (19)

DSCF2971.jpg

25/05/2016

Au Musée du chemin de fer à vapeur, à Treignes (18)

DSCF2970.jpg

Au Musée du chemin de fer à vapeur, à Treignes (17)

DSCF2969.jpg

Au Musée du chemin de fer à vapeur, à Treignes (16)

DSCF2968.jpg

24/05/2016

Au Musée du chemin de fer à vapeur, à Treignes (15)

DSCF2967.jpg

Au Musée du chemin de fer à vapeur, à Treignes (14)

DSCF2966.jpg

Au Musée du chemin de fer à vapeur, à Treignes (13)

DSCF2965.jpg